Un peu d'histoire.....Le Pavillon et le Drapeau:

(De mon camarade Jean BRESSOLLES )

Le Pavillon de la Marine de la tradition à la modernité

 Dénominations:

 -         pavillons, pavois, flammes, marques, fanions et drapeaux.

INTRODUCTION. 

      Le pavillon de la marine est spécifique de l'arme qu'il représente,  successivement et depuis le moyen âge comme étant la marque emblématique de la royauté, de l'empire comme de la république. Le pavillon de la marine arboré sur ses navires est, depuis la révolution française, constitué des trois couleurs fondamentales nationales: le bleu, le blanc et le rouge. Il est hissé sur les bâtiments de guerre, comme dans la marine marchande. Le pavillon de la marine nationale représente la marque de la république française, sa présence sur les mers et au delà son autorité.

       De ce fait, dans sa représentation, il ne comprend aucune inscription, à l'identique des drapeaux qui flottent sur les bâtiments officiels de la république.

       La différence est la couleur bleue azur du pavillon marine plus foncé que le bleu dit "national" du drapeau, et aussi ses largeurs de bandes, égales sur le drapeau de l'état français, dans un rapport 30/33/37 sur le pavillon marine. Le bleu étant le moins large mais plus visible en absence de vent, et surtout le plus significatif des trois couleurs comme étant la couleur emblématique de la France depuis l'origine de son histoire. 

Le pavillon: son origine. 

Le mot pavillon est issu du latin "pavelione" dont la racine "pavé" signifie tente (avec son extension à nos jours pour désigner une maison individuelle) ou petit rideau de drap; il apparait dans des cantiques sous la domination romaine. 

Le mot drapeau, dont la racine est drap, tissu ou étoffe dont il est composé, est postérieur à celui de pavillon: au moyen âge il est fait état d'oriflamme, de bannière, d'étendard, etc..mais le pavillon blanc, aux fleurs de lis, spécifique de la royauté est déjà la marque des vaisseaux de guerre, plus affirmé encore au XVIème siècle.

Le dictionnaire de la langue française (hachette) mentionne de plus et aussi une pièce d'étoffe dont on couvre  le ciboire; quant au Petit Robert il mentionne que le mot proviendrait de l'italien Pavese ( ville de Pavie)  

Il n'en reste pas moins que la racine latine "pavé", antérieure au moyen âge, indique avant tout une pièce d'étoffe ( avec ses dérivés papilio, papillonis et paveillon)

NOTA:  les pavois chez les vikings n'étaient pas des pièces d'étoffe mais des boucliers fixés sur les flans bord des drakkars. Chez les gaulois le pavois était un bouclier sur lequel le chef était hissé pour haranguer les siens. Comme à rajouter que le pavois peut être aussi la partie de la coque au dessus du pont d'un navire formant un garde corps.

Un pavois était une (ou des) pièce d'étoffe déployée par les armées en présence du roi. Ce terme est utilisé encore et seulement dans la marine de guerre quand il s'agit de hisser le "grand ou le petit pavois" constitué des pavillons signalétiques issus des codes des signaux pour célébrer un évènement, et seulement  à cette occasion.

Evolution du pavillon

          Le pavillon royal de la marine sera abandonné à la chute de la monarchie pour prendre sa forme et ses couleurs sous la révolution.

Le 14 juillet 1789, il n'y a point de drapeau: des cocardes, aux couleurs multiples et pas toujours tricolores font leur apparition alors que la république nouvelle n'a pas encore déterminé qu'elle sera son emblème distinctif.  

Les trois couleurs sont néanmoins adoptées, à l'instar de celles adoptées par la jeune république américaine, aussi pour créer un contre drapeau à l'Angleterre. (cf. histoire d'une couleur, éd: Seuil - M.PASTOUREAU)

           Le 10 juin 1790 la Constituante décrète que la marine de guerre, la première, devra arborer les couleurs nationales au mât de beaupré de ses vaisseaux.

           A cause du manque d’étamine pour le confectionner, du fait du blocus des ports par les anglais, il est envisagé de le peindre sur la coque des navires.

PHOTO: le premier pavillon de marine aux couleurs nationales..et monarchiques.

Les marins seront réticents à adopter les trois couleurs parce qu'elles sont insérées en quart d'un pavillon à fond blanc, couleur royale qui n'est plus acceptée puisque rejetée par la révolution, cette dernière couleur étant aussi symbolique des guerres d'indépendance américaines et des combats menés dans les mers des Indes, qui ont laissé un goût amer quant aux pertes subies.

Ce ne sont pas les couleurs nationales mais le fond blanc qui est  rejeté. A noter que sous l'ancien régime le drapeau est avant tout un pavillon de marine (source: M.PASTOUREAU, directeur d'études et titulaire de chaire d'histoire de la symbolique occidentale, école des hautes études)

            Sur la deuxième version en date du 24 octobre 1790 ne subsisteront alors que les trois couleurs, la couleur rouge étant placée à la hampe de poupe, en lieu et place du mât de beaupré.

PHOTO: deuxième version

La troisième et dernière version, définitive et inchangée jusqu'à nos jours, est imposée par la convention le 15 février 1794.

            La couleur bleue, qui devient la plus importante par sa référence historique, est fixée à la hampe de poupe. Le pavillon, en fonction de la taille des bâtiments, a bien entendu des dimensions variables.

A bord d'un navire: (source: quid, institutions françaises, symboles et drapeaux)

 - on hisse et on rentre les couleurs au matin à 08 heures et au soir au coucher du soleil ( et maximum à 20 heures)

 - La garde présente les armes, un factionnaire tire un coup de fusil à blanc.

 - Les honneurs sont rendus au clairon à la sonnerie "au drapeau" ou au sifflet de manœuvre.

 - Les navires de commerce saluent les navires de guerre en rentrant et en hissant par trois fois le pavillon de poupe.

 - Le navire de guerre rend le salut en "marquant" son pavillon qui est baissé et rehissé une seule fois au quart de sa drisse.

 - On n'amène jamais un pavillon sauf en signe de reddition lors d'un combat.

 - Le pavillon en cas d'évènement grave est mis en berne (descendu à mi-drisse, ou empêché de flotter, c'est la définition du Larousse).

PHOTO: le pavillon de marine dans la version définitive et actuelle depuis 1794

Autres représentations: 

Différents emblèmes sont représentés à bord d'un bâtiment de guerre:

 1/ le pavois

           - En 1738, Mahé de la Bourdonnais invente le premier code de pavillon pour la marine française.

           - En 1778, c'est Jean François Du CHERYON, prenant nom de chevalier du Pavillon, qui va réactualiser et moderniser le code des signaux.

           - En 1794, Richard HOWE, l'Amiral anglais à qui on va reprocher de n'avoir pas exterminé l'escadre de Villaret Joyeuse, va à son tour éditer un code perfectionné des signaux qui feront date pour la marine anglaise.

           - En 1870 enfin, mais un peu tard à cause de l'apparition imminente de l'électricité et du fameux code morse, et de sa transcription aussi en signaux optiques, l'anglais F.MARRYAT rédigera les codes internationaux inscrits à "l'international code of signals"

           A ce titre le pavois, constitué des pavillons signalétiques qui ont chacun une signification, prend nom de " grand pavois" quand ces pavillons de codes sont hissés de la proue à la poupe d'un navire de guerre en passant par son mât principal, uniquement pour célébrer un évènement. Le "petit pavois" est hissé sur le mât principal.

Le grand (ou le petit) pavois est disposé suivant un code précis pour qu'il ne puisse correspondre à un message intelligible.

2/ les flammes

         A Flamme de guerre

            Long ruban composé des trois couleurs nationales, il est hissé au mât principal. Il peut atteindre des dimensions impressionnantes pour les navires, qui, en période de guerre ont quitté leur port d'attache et pour un laps de temps donné (cinq mois d'absence équivalent à un mètre de flamme, chaque mois d'absence supplémentaire en opérations autorise un mètre de plus)

            D'après un article de Wikipédia, la flamme de guerre indique que le navire appartient à la marine nationale (comme si le pavillon n'y suffisait pas) et que son commandant a reçu une lettre de commandement (mais alors qui quand le bâtiment ne possède pas de flamme de guerre)

Le croiseur Georges Leygues, absent de son port de 1940 à 1944, déployait une flamme de soixante mètres de long.

Autre exemple ci-dessous: la Jeanne d'Arc, avec sa flamme de guerre et petit pavois, elle même héritière de l'ancienne Jeanne, donc de sa flamme.

 

B Flamme de fourragères

 Elle est crée en 1918 pour récompenser les unités de la marine de guerre ou celles de la marine marchande citées à l'Ordre de l'Armée.

  Portée au mouillage ou en mer avec le petit pavois, elle porte la croix de guerre sur la couleur verte, la Croix de Guerre sur la couleur jaune de la Médaille Militaire, la Croix de Guerre sur la couleur rouge de la Légion d'Honneur, suivant le degré de récompense.

 La fourragère portée à l'épaule des marins de guerre en rappelle l'attribution à l'unité concernée. Exemple ci après de la croix de guerre.

PHOTO: exemple de flamme de la croix de guerre

3/ les marques

             Aujourd'hui, elles sont hissées au mât principal, devenu presque seul et unique et pour cause, afin de signaler la présence à bord d'une autorité militaire ou civile. Chaque personnalité ayant une marque distinctive.

            PHOTO: exemple de la marque du contre amiral

            Dans la marine à voile le descriptif des marques et pavillons est précisé dans le plan de coupe suivant d'un vaisseau sous Colbert:

Plan "d’un amiral de 104 pièces de canon..et les noms des pièces du dedans" On y trouve: 

           A - Le pavillon de Beaupré, en proue de navire, placé sur la hampe du "perroquet".

           B - Le grand pavillon, en poupe de navire, placé sur la hampe "garde d'enseigne".

           C - Les pavillons de marque:

                - Celui du vice-amiral placé en haut du mât de "misène"

          -Celui du commandant d'escadre placé en haut du grand mât

          - Celui du contre-amiral placé en haut du mât d'artimon 

   

 4/ le fanion

           A l'origine c'est un élément de signalisation des formations à terre, et corps de débarquement.

           Il est devenu au fil du temps le symbole d'un bâtiment, d'une unité, ou de sa sous division, sur lequel sont épinglées les distinctions conférées à l'unité détentrice.

           Exemple la frégate Surcouf: Sur l'avers de son fanion est brodé un aigle, symbole de la Légion d'Honneur, modèle 1804. En l'occurrence il s'agit là d'un aigle d'honneur, et non de l'aigle surmontant la hampe de drapeau.

reversavers

           A charge de la marine, il était réglementé et homologué par le chef d'état major, c'est désormais le service historique de la défense qui en a la charge, avec celui en outre de conserver les emblèmes des unités dissoutes.

           Les unités intermédiaires (bataillons, compagnies....) dotées d'un fanion n'ont pas de drapeau, c'est l'unité principale qui le détient

           Un exemple parmi eux, le fanion de la 8ème compagnie de l'école des marins pompiers:

            On remarquera la disposition des couleurs en losange des drapeaux hérités de l'Empire.

            Un autre exemple du fanion de la base sous-marine de l'Ile Longue, qui ne possède pas de drapeau spécifique, tout comme les escadrilles de l'aéronavale..

 

5/ Le pavillon FNFL

           Lorsque l'amiral MUSELIER prend la tête des Forces Navales Françaises Libres le 1er juillet 1940 à Londres il propose, à la suite, l'adoption d'un pavillon de beaupré à croix de Lorraine qui va devenir l'emblème de la marine ralliée au général DE GAULLE. Les forces navales dont il dispose sont peu nombreuses à l'origine:

            - Les hommes: 400 hommes seulement, insuffisant pour armer les bâtiments, mais qui vont atteindre 3200 hommes fin 1940 pour à la suite augmenter encore considérablement.

            - Les navires de combat: eux aussi peu nombreux, mais ce sont ceux qui vont arborer les premiers le mythique pavillon:

   ÄLe cuirassé COURBET

  ÄLes avisos SAVORGNAN DE BRAZZA, Commandant DUBOC et Commandant DOMINÉ.

   ÄLes contre-torpilleurs TRIOMPHANT et LÉOPARD

   ÄLe torpilleur MELPOMÈNE

   ÄLes sous-marins RUBIS, NARVAL, SURCOUF, JUNON et MINERVE

   Ä sans oublier la part très importante des navires de commerce de la marine marchande (66 dont     près de la moitié seront perdus en mission)

        L'adoption de la croix de Lorraine sur le pavillon ne définit pas au départ son support. Néanmoins la croix rouge est insérée sur un fond bleu, avec de part et d'autres les mentions "Honneur et Patrie" inscrites à la fois sur l'avers et le revers.

        Il apparait très vite qu'il est difficile de la distinguer nettement et pour ces raisons un second pavillon est adopté avec la croix rouge de Lorraine insérée sur la bande blanche du pavillon national, en conservant les mentions "Honneur et Patrie" sur l'avers et le revers.

        Les couleurs nationales, en poupe des bâtiments, sont par la nature exemptes de toutes marques particulières puisqu'elles sont symboles de la nation: pour cette raison il semble que le second pavillon est abandonné au profit du pavillon à losange qui sera adopté définitivement dès 1941 pour être placé en proue, en perdant néanmoins les mentions "Honneur et Patrie"

        On remarquera, et pour cause, que "Valeur et Discipline" rappelant la notion de fidélité, ne pouvaient être retenus sur les deux premiers pavillons au moment où les FNFL s'opposaient à l'état Vichyste, "Honneur et Patrie" étant plus en rapport avec leur engagement

 

6/ Le pavillon de tradition

PHOTO: le pavillon de tradition, en exemple celui du "Courbet"

7/ La cravate

              Bande tricolore, accrochée au fer de lance du drapeau. Elle porte à chaque extrémité une couronne comportant elle-même le numéro d'unité ou l'ancre de marine, identique à celles des angles du drapeau, sur laquelle sont épinglées les fourragères et les décorations

Les drapeaux.

          De nos jours il n'existe pas de drapeaux dans la marine, sauf ……pour les unités considérées comme troupe à terre, de niveau égal à celui d'un régiment, qui bien que partie intégrante de la marine se distinguent par leurs spécialités spécifiques.

            Ces drapeaux au nombre de huit, propres à une unité constituée sont détenus par:

                1: le 1er régiment des fusiliers marins (Ecole des fusiliers à Lorient)

                2: la Demi-brigade des fusiliers marins (compagnies des fusiliers marins de Cherbourg) 

                3: Les canonniers-marins ( Centre d'instruction naval de Saint-Mandrier)

                4: l'Ecole Navale (groupe école du Poulmic)

                5: l'Ecole Militaire de la Flotte (groupe école du Poulmic)

                6: l'Ecole des Mousses ( Centre d'instruction naval de Brest)

                7: l'Ecole des Apprentis Mécaniciens de la Flotte ( Saint Mandrier)

                8: le Bataillon des marins pompiers(Marseille)

L'infanterie de marine

Les troupes d'infanterie de marine sont des personnels de l'armée de terre susceptibles d'être projetés par débarquement d'un navire sur un théâtre d'opération donné, mais elles n'appartiennent pas au "grand" corps de marine.

Bien que de tous temps des personnels de l'armée de terre aient embarqué à bord des navires pour des missions à terre, et si leur rôle était aussi de participer à l'abordage d'un navire ennemi, ils ne pouvaient se substituer en rien aux tâches spécifiques dévolues aux marins eux-mêmes (gabiers, timoniers etc...)

Sous Richelieu la troupe embarquée était au plus équivalente à une compagnie, assimilée au personnel de bord dans ses tâches habituelles, elle était une véritable troupe amarinée.

Ses effectifs étaient de l'ordre de 15% de l'équipage désigné comme tel.

Sous l'empire, compte tenu des moyens humains considérables affectés aux conquêtes, la participation des troupes sur les vaisseaux va s'amplifier, se généraliser, jusqu'à atteindre près de 50% de l'effectif en plus, et compliquer d'autant la vie à bord.

            La confusion qui va en résulter pour définir les troupes de marine vient surtout de l'époque napoléonienne: faute de personnel issu essentiellement de l'inscription maritime, par défaillance du recrutement par tirage au sort et du système de formation, par impossibilité de s'amariner du fait du blocus des ports par les anglais etc….

 Les effectifs de marines manquant cruellement sur les vaisseaux vont être complétés par la troupe, dans laquelle toutes les nationalités alliées seront représentées, avec plus ou moins de bonheur pour servir en particulier les pièces d’artillerie.

A ce titre, le canonnage, compte tenu "des missions de rades et de ports" imposées par le blocus anglais, est une spécialité propre à la marine qui va aller en s'amenuisant, et qui de ce fait va être attribué et compensé par des unités d'infanterie de marine.

Beaucoup de ces troupes seront d'origine étrangère (maltais, génois, américains, danois, espagnols) ou même originaires des colonies françaises, quand ce n'est pas la présence exotique de soldats syriens ou égyptiens.

DECRÈS, alors ministre de la marine, avait même proposé de mettre des écoles de marine à terre, faute de pouvoir sortir en mer. Ce à quoi Napoléon avait répondu "autant mettre les écoles de cavalerie sur un vaisseau".

Il n’empêche, et contre l’avis de DECRÈS (se contredisant au passage), qui considérait qu’être marin est avant tout une spécialité qui nécessite un apprentissage adapté à la complexité de l'arme, NAPOLÉON va adopter une autre attitude pressé par le temps et les conséquences désastreuses d'Aboukir et de Trafalgar, et qui va s'avérer tout aussi illusoire: transformer en quelques semaines de simples conscrits terriens en marins efficaces parce qu'il considérait que ses soldats étaient capables de tout, sauf à savoir qu'un marin ne se forme que dans les tempêtes, et non à bord de canots. Ce à quoi DECRÈS répondait " ce n'est pas le règlement qui fait un bon marin, c'est l'usage seul et le plus habituel de la mer."

            Ainsi contre toute attente la militarisation de la marine va s'imposer, et si NAPOLÉON relance la construction de navires, il ne pourra en conséquence leur fournir les équipages aguerris à la spécialité.

            Jusque là on peut rappeler pour l'anecdote qu'avant cette profonde transformation, on ne trouvait à bord des vaisseaux que des équipages dont les origines étaient essentiellement rattachées aux lieux géographiques pourvus d'arsenaux (les bretons à bord des vaisseaux de Brest, les méditerranéens sur ceux de Toulon, les rochelais sur ceux de Rochefort etc....)

           Pire, et à l'inverse, un bataillon de marine, unité d'élite, intégrait la garde impériale...des pontonniers de marine, spécialistes des zones portuaires et de constructions d'estacades rejoignaient la grande armée pour exercer leur talent au franchissement des rivières. Bref, tout un personnel amariné transformé en soldat qui va encore faire défaut à une marine toujours malade d'elle-même, et qui ne trouvera jamais de solution pour son redressement, pendant une période des plus troubles de son histoire.

             Citons un exemple, celui qui a perduré, puisque plus récemment le régiment de fusiliers marins, sur des chars Sherman qui ne flottent pas par définition, libérait Paris pendant la deuxième guerre mondiale, et remontait jusqu'au cœur de l'Allemagne, démonstration faite qu'un marin pouvait lui aussi se transformer en soldat.

NOTA: comme à l'époque de la marine à voile, mais dans ce cas pour d'autres raisons, cette concurrence à l'armée de terre n'a pas toujours été appréciée (CF voir les dures paroles que prononça le général LECLERC lors de l'incorporation du RBFM - et sous entendu à la marine en général - à la 2ème D.B puis sa reconnaissance ensuite, au vu de la conduite héroïque des marins et des résultats obtenus.

            Les troupes d'infanterie de marine, troupes devenues "coloniales" par excellence, n'étaient pas des marins, l'ont été un temps et plus particulièrement de façon généralisée sous l'empire, de nos jours elles ne le sont plus.

            Les unités de terre dites de marine, seront dissoutes en 1825, puis renaîtront en 1856, sans qu'elles soient directement rattachées à la marine.  Néanmoins, dans l'armée de terre un symbole reste conservé, celui de l'ancre de marine qui reste une marque de tradition représentée sur les insignes: boutons de veste, macarons, insignes de manche, etc....en exemple ci-après le macaron des bérets des régiments parachutistes d'infanterie de marine (RPIMA)

            En exemple aussi de la difficulté de compréhension citons celui du 1er régiment d'infanterie de marine, pour lequel sa proximité au grand corps de marine lui-même reste indissociable: il est l'héritier des troupes de marine qui avaient comme vocation la charge de la mousquèterie du bord, et quelques autres fonctions, mais aussi la garde des ports et arsenaux; pour faire un soldat de marine, dit-on dans le chant des marsouins, il faut dans la poitrine un cœur de matelot et un cœur de soldat.

            Les officiers de marine ont toujours marqué leur hostilité à bord des vaisseaux envers ces troupes pour lesquelles ils voulaient en assumer le commandement, et qu'ils ne considéraient pas comme des marins à part entière. Ces troupes de marine deviendront ensuite troupes coloniales pour revenir à l'appellation d'origine de nos jours, c'est le cas du 1er RIMA, qui, héritier des Royals Marine de RICHELIEU, verra le jour en 1822 et qui recevra son premier drapeau, date à partir de laquelle il va s'illustrer plus encore.

            En 1842, avec les deux autres régiments, il reçoit son emblème tricolore, sa hampe est surmontée d'un coq.

            En 1852, le régiment reçoit un nouveau drapeau surmonté cette fois d'un aigle impérial, et en 1854 il reçoit un aigle neuf, remis par le Contre-amiral PEILLON, préfet maritime de Cherbourg.

            Le 14 juillet 1880, au cours de la cérémonie grandiose de réconciliation nationale au champ de mars à Paris, le régiment reçoit un nouveau drapeau. Pour plus de détail voir: http://www.1rima.fr/Drapeau.htm

Mais toutefois aujourd'hui encore du personnel de marine, non assimilé à un équipage spécifique, bien entendu, est désormais dans cette continuité: ils portent un drapeau, sur lesquels sont inscrits des noms de batailles, les dates, donc rien de cela sur un navire. C'est le cas des écoles de marine toutes spécialités confondues comme de l'Aéronavale.

Rappel:

- Premier empire: Napoléon en 1804 attribue progressivement le drapeau type "Chaillot" à tous les régiments de terre et assimilés de la marine, surmonté de l'aigle en bronze doré. Ces aigles sont remis à raison d'un par bataillon.

- En 1805 ce sont plus de mille aigles en bronze doré qui surmontent les drapeaux des unités terrestres (terre et mer) dont certaines ne sont pas dotées, et pour lesquelles il ne semble pas y avoir d'explication.

- En 1814, à la restauration, le drapeau blanc découlant du premier pavillon marine est réintroduit, sans les aigles impériaux.

- En 1830, une ordonnance de Louis Philippe rétablit le drapeau conforme à celui du pavillon de marine de 1794, la hampe de drapeau étant surmontée cette fois du coq gaulois.

- En 1852, l'aigle impérial refait son apparition sur les emblèmes tricolores, en aluminium doré.

- De nos jours, après les transitions monarchiques et le retour de la république, les hampes de drapeaux ne portent simplement plus que la flèche de lance.

NOTA: Le cas des aigles est indépendant du pavillon, pas des drapeaux. Citons en exemple le cas de la frégate "Atlas" qui reçut un aigle d'étendard, placé au sommet de la hampe du drapeau, remis par Napoléon au lendemain du sacre lors de la cérémonie du champs de mars en décembre 1804. (L'Atlas et son aigle furent pris à Vigo en 1808 par les rebelles espagnols)

            Aujourd'hui quand une troupe de marine à terre (appartenant au grand corps) défile, elle porte un drapeau ou un fanion: dans l'exemple suivant le drapeau de l'école des fusiliers marins, gardienne de l'héritage des fusiliers marins de 1914 et de 1945.

Dans l'exemple suivant, les fusiliers marins du 1er régiment descendent les champs Elysées le 14 juillet 2008 à Paris.

PHOTO: Le drapeau de l'école des fusiliers marins

            Dans ce cas précis le bataillon est une unité principale, bien que ses effectifs soient plus proches de la demi-brigade ( plus de 2400 hommes), il porte donc un drapeau, ses compagnies portant fanion.

CONCLUSION

           Depuis son origine en 1794, le pavillon de poupe de la marine est resté tel qu'il était défini, la marine ayant été la première et la seule à l'arborer, même si elle a du en faire un abandon relativement court pendant les transitions monarchiques.

            A noter aussi que longtemps les drapeaux des autres unités se sont différenciés du pavillon, tout en conservant les trois couleurs, de par leurs formes et leurs inscriptions

            S'il advenait qu'un équipage d'un bâtiment de la marine participe à un défilé, il porterait un fanion, celui-ci étant un petit drapeau, puisque chaque bâtiment en est doté.

 

 

 

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